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Pierre-Gilles Chaussonnet /F/

Text kurátora


Il faut s’appeler Chaussonnet pour julesverniser une cocotte-minute!

Pour peu que l’on connaisse l’artiste, aussi gourmand que gourmet, on ne s’étonnera finalement pas plus que cela qu’il s’attaque à un autocuiseur, dont l’aspect et le volume, ramené à celui d’une cuisine, évoque sans trop de détours les imposantes oeuvres qu’il a l’habitude de nous proposer. Nous retrouvons également sa palette de couleurs familière, quoi qu’un peu plus baroque. Mais cette fois-ci, peu de grivoiserie ou de projections futuristes dans la saynète intérieure, où guère d’espace n’est laissé à l’imagination du spectateur. Lenka et Lenka est en effet une oeuvre conçue dans le cadre spécifique d’une exposition photographique de l’artiste à la Galerie Kabinet T., à Zlin, en République Tchèque. On y voit donc Lenka, la galeriste, et Lenka, le professeur d’art plastique, contemplant une sélection de photographies.

Y-aurait-il plus à dire sur le contenant ? Pour le coup, celui-ci permet de nombreuses projections, auxquelles contribue l’univers singulier de Pierre-Gilles Chaussonnet.

L’influence quasi évidente de Jules Vernes induite par la présence des hublots, ne semble pourtant pas nous permettre d’aller beaucoup plus loin dans ce sens. En effet, nul monstre marin à l’horizon de cet autre voyage extraordinaire. Elles semblent pourtant un peu captives, ces deux jeunes femmes ! Et nous pourrions nous demander ce qui se joue pour l’artiste dans cette mise en abîme mise en abîme. Ne peut-on pas y entendre, par nos yeux, quelque chose de cette prière menaçante de Némo : « Vous êtes venus surprendre un secret […], le secret de toute mon existence ! Et vous croyez que je vais vous renvoyer sur cette terre qui ne doit plus me connaître ! Jamais ! En vous retenant, ce n’est pas vous que je garde, c’est moi-même ! »

D’autres spectateurs seront saisi par l’idée d’une soucoupe volante de Série B., et chercherons peut-être à décrypter par quel vortex ou univers parallèle analyser l’oeuvre. L’étrange sensation est majorée par le revêtement blanc de la cuve, qui évoque la salle blanche de 2001 L’odyssée de l’espace ou même les cellules d’isolement des services psychiatriques.

Certains envisageront une lecture plus sémantique et terre à terre, et s’interrogeront sur les pressions sociopolitiques actuelles exercées sur le milieu de l’art contemporain et particulièrement sur les statuts accordés aux artistes, et sur les enjeux que cela produit.

D’autres, pourquoi pas, se demanderont si la présence d’une boule rouge ornant le couvercle à la place du volant, nous invite à une bonne blague : comment fait-il l’idiot, cette fois-ci, le Chaussonnet ? Comment va-t-il nous cuisiner ?

Exploitations du sens symbolique, connotations volontaires de l’artiste, analyses projectives ? Autant de propositions qui ne sont pas exhaustives, mais l’artiste le dit lui-même : « Ce qui m'intéresse profondément, c'est de fabriquer des choses, pour montrer ce que je pense de la société d'une manière générale […] Moi, je fais, je présente, et je vous laisse libre d’y réfléchir, tout simplement. »

Amusant de se souvenir que l’ancêtre de la Cocotte-Minute s’appelait le Digesteur !

 

Agnès Leussier, 04 Août 2014


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